La gestion et la prévention des risques financiers


Droit & éthique - Actualité du 23/03/15

La gestion et la prévention des risques financiers

 

Le contexte financier et l’actualité financière de ces dix dernières années démontrent à quel point la prévention et la maitrise des risques sont devenus nécessaires au bon fonctionnement et à la pérennité des établissements financiers. En effet les récentes périodes de crises leur ont permis de prendre conscience de l’impérativité et de l’urgence de la mise en œuvre de mesures de gestion des risques liées à leur activité. Par risques, il faut notamment entendre les risques de fraude, de corruption, de blanchiment ou d’abus de marché.

 

En réaction à divers scandales financiers, plusieurs pays ont promulgué des lois dites de sécurité financière destinées à redonner confiance aux investisseurs et épargnants. Ces lois imposent aux entreprises de nouvelles obligations favorisant la transparence et la stabilité financière. Elles introduisent à ces fins des changements majeurs dans le domaine de la gouvernance d'entreprise.

 

Pour permettre l’intégration de ces nouvelles exigences, il faut sensibiliser les établissements au regard de ces nouvelles normes qui se développent en la matière. En effet, les banques doivent s’adapter aux contraintes réglementaires de plus en plus fortes. Elles doivent aussi restaurer leur image qui a été dégradée auprès du public pendant la crise financière car le risque de réputation fait partie intégrante des enjeux financiers avec un impact à court ou à long terme. Une bonne gouvernance d’entreprise implique que les objectifs de performance soient contrebalancés par des objectifs de maitrise des risques pour garantir la sécurité financière. En conséquence, les métiers en lien avec le contrôle et la réglementation se développent. Les professionnels affectés à ces postes ont pour mission de veiller à ce que les exigences réglementaires applicables aux établissements bancaires soient respectées par tous les acteurs. Ils garantissent aux autorités de tutelle la qualité du dispositif de contrôle, du système de mesure et de surveillance. Les fonctions « gestion des risques » et « conformité » ont pris de l’ampleur et deviennent un atout majeur à la stabilité financière d’un établissement sur le long terme. 

 

Pour maîtriser les risques liés à leur activité, les établissements financiers doivent construire et déployer un dispositif de prévention et de gestion des risques dont ils contrôleront régulièrement la bonne application. Le rôle des spécialistes qui se consacrent à ces missions est alors d’identifier les risques contre lesquels ils souhaitent se prémunir et les éliminer. A l’inverse, ils doivent également identifier les risques liés notamment à l’investissement dans des actifs financiers auxquels ils souhaitent s’exposer et les gérer. Dans les deux cas, le dispositif de maîtrise des risques consiste, au préalable, à identifier les risques, les analyser et établir un dispositif de prévention et de gestion des risques adapté. Par la suite, il s’agira de contrôler l’adéquation et l’efficacité du dispositif mis en œuvre.

 

Dès lors que les menaces auxquelles l’établissement financier est exposé ont été identifiées et que des limites ont été fixées, l’instauration d’une cartographie des risques va permettre d’évaluer le niveau d’exposition de l’établissement à ces risques, de le comparer aux limites établies préalablement et de mettre en place toutes les procédures nécessaires à la gestion des dangers identifiés. La politique de gestion des risques est essentielle pour détailler les mesures et les procédures employées par l’entreprise et gérer les risques auxquels elle est exposée. Cette politique doit être formalisée, documentée et comprendre toutes les procédures qui permettront d’évaluer l’exposition à divers risques. Elle doit être adaptée à l’activité de la société.

 

En définitive, l’environnement financier d’aujourd’hui est changeant et confronté à toujours plus d’insécurité notamment au regard de l’évolution des techniques de commercialisation. L’internationalisation, les évolutions technologiques et la célérité des transactions exposent les établissements financiers à davantage de fraudes et abus qui se complexifient et qu’il faut nécessairement maitriser. 

 

Valérie STRZYS